Tanger en 1875 : le voyageur européen qui ne savait pas encore lire la ville

En fouillant les recoins les plus discrets de la toile à la recherche de vieux récits du Maroc, je suis tombé sur Morocco, Its People and Places, d’Edmondo De Amicis. J’avais l’impression d’ouvrir une fenêtre sur Tanger en 1875 : une ville marocaine déjà reliée à Gibraltar, aux consulats européens, aux courriers venus de Fès et à plusieurs langues. Mais cette fenêtre était déformante par les préjugés de son époque. C’est ce qui rend ce livre passionnant à relire avec les yeux de BLED.LIFE.
À la recherche de Sijilmassa : le grand port du Sahara disparu dans l’oasis

Sijilmassa… ça veut dire quoi, ça ?
Le dragoman n’a pas disparu : il est peut-être assis à votre table de famille

Je faisais des recherches sur les dragomans de Tanger au XIXe siècle, ces interprètes des consulats et légations qui faisaient passer mots et codes d’un monde à l’autre. Je lisais notamment Morocco, Its People and Places d’Edmondo De Amicis, récit de son voyage de 1875, quand m’est revenue la terrasse d’Aïn Chock, chez Mmi Fettouma, ma grand-mère.
Je cherchais une batterie nomade pour mon van : j’ai trouvé le Maroc au cœur d’une bataille industrielle

Avec mon fils, je voulais simplement rendre notre van assez autonome pour un road trip au Maroc. Frigo, lumières, ordinateurs, matériel vidéo : rien qui ressemble à une enquête économique. Puis je suis tombé sur trois lettres, LFP. Le « P » signifie phosphate. Je cherchais une batterie pour aller au Maroc ; je retrouvais le Maroc dans la batterie. Derrière cet objet banal s’ouvrait une chaîne industrielle où se croisent Chine, Europe, minerais, chimie, usines et savoir-faire — avec une question au bout : quelle part de la valeur le Maroc peut-il vraiment garder ?